Méditation

Jésus, tout s'éclaire en ta présence

UNE PAROLE QUI AGIT
Y a-t-il un remède
Le thermomètre du bon Dieu

La guérison
Les douze colonnes de l'Église
Quel est le secret ?
Un temps de grande espérance
Je sui croyant, pas pratiquant
Le dernier acte de foi
Transfigurés nous aussi
Bonheur fou

Du prix à ses yeux
Le Dieu qui vient au monde
Miroir ou fenêtre?

Ne baisser pas les bras
Ne faire que son devoir
Ce riche, serait-ce nous?
L'attachement de Dieu
Emprunter les moeurs de Dieu
Passeport pour le salut
Marie tu me fais rêver...
Au milieu des loups

Témoins de notre époque
Donnez-leur vous-mêmes à manger
Les trois beaux noms de Dieu

Une présence au-delà des yeux
Fidélité et paix

Comme Dieu nous aime
Notre-Dame de Grande foi
Trois petits pas qui changent tout...
Les chemins de la foi


UNE PAROLQ QUI AGIT
À journée longue, nous sommes inondés de paroles. Si bien que nous en venons à mettre en doute la valeur de la parole elle-même : n'est-elle que du vent? un bruit de fond? ou pire encore, un écran de fumée qui cache la réalité?

Pourtant, notre expérience nous prouve qu'il y a des paroles qui agissent! On sait comment une seule parole peut détruire un enfant. Ou à l'opposé, comment une parole au bon moment peut produire plus d'effet que les meilleurs médicaments. Les paroles que nous nous lançons, nous font et nous défont...

Luc nous raconte aujourd'hui le premier grand discours de Jésus. Un discours important qui résume son ministère. Et Jésus s'y présente comme quelqu'un qui veut agir par sa parole. II veut que celle-ci libère ceux qui sont prisonniers de la peur, éclaire ceux qui cherchent un sens à leur vie, permette un nouveau départ à ceux qui sont devant un cul-de-sac. Une parole enfin qui nous décharge de toute dette envers Dieu et nous permette de recommencer à neuf avec lui.

Jésus termine son discours en disant: Cette parole de l'Écriture que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. À chaque Eucharistie, cet aujourd'hui de la Parole se réalise. À chaque Eucharistie, Jésus se rend aussi présent dans la Parole proclamée que dans le pain partagé! Alors que nous prenons tant de précautions pour qu'aucune miette du pain eucharistique ne se perde, quel respect portons-nous à la Parole dans laquelle le Christ est aussi présent?

Cette Parole de Jésus ne peut agir que si elle est accueillie avec foi, avec respect, et avec le désir ardent qu'elle agisse en moi. Car si Jésus me parle, ce n'est pas pour m'informer, mais pour me transformer!

Georges Madore


Y A-T-IL UN REMÈDE
L'histoire de l'humanité est écrite avec le sang de millions de personnes persécutées, exploitées, torturées, tuées. Le mal s'apaise à un endroit de la planète pour renaître, aussi laid, en d'autres pays, comme une hydre indestructible ! Le mal serait-il donc sans remède ?
Jésus aussi apporte une réponse à notre question. Tout commence dans le regard que je pose sur l'autre. Si je le vois comme une chose, comme un simple instrument pour atteindre mes buts, ou encore comme un être inférieur et méprisable, mes gestes découleront de ce mépris. Dans l'Évangile, on voit Jésus prendre un enfant et inviter ses disciples à le regarder avec estime. N'oublions pas qu'à cette époque, l'enfant était considéré comme un être sans importance, dépourvu de tout pouvoir. Les plus petits de ce monde, Jésus nous invite à les regarder comme lui les regardait. De ce regard découleront des gestes de respect et d'estime.
Y a-t-il un remède au mal ? Oui. Ce remède existe en Celui qui s'est fait le serviteur de tous.

Georges Madore


LE THERMOMÈTRE DU BON DIEU
- Je me sens mal; j'ai chaud, j'ai froid. Est-ce que je fais de la fièvre? Vite, le thermomètre! Lui, me le dira.
- Est-ce encore trop frais pour sortir sans gilet? Consulte le thermomètre : tu auras la réponse.
- Mon sucre à la crème est-il prêt? Un bon thermomètre te l'indiquera.
C'est bien commode un thermomètre. Si seulement il en existait un pour vérifier ma foi, pour me dire si ma vie chrétienne est en forme, pour m'indiquer clairement ma santé spirituelle. Eh bien, bonne nouvelle! Ça existe! L'apôtre Jean nous le répète plusieurs fois dans la Parole de Dieu de ce dimanche :
Aimons-nous les uns les autres, puisque l'amour vient de Dieu. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu et ils connaissent Dieu. Car Dieu est amour. (1 Jn 4, 7-8)
Jésus lui-même l'affirme dans l'Évangile: Mon commandement, le voici: aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. (Jn 15. 12)
Ce ne peut être plus clair: pour savoir si ma relation à Dieu est vraie, vivante, en bonne santé, le meilleur indicateur - le seul même semble dire saint Jean - c'est l'amour. Non pas une certaine ferveur, car celle-ci vient et part. Ni non plus la longueur de mes prières. Certes, Dieu n'est pas contre la prière; il nous y invite même. Mais la prière sans amour risque d'être illusion.
Et il ne s'agit pas ici de n'importe quel amour. Aimez-vous comme je vous ai aimés.
Aimer comme Jésus, joyeusement, quotidiennement. Aimer ceux qui m'aiment et ceux qui ne m'aiment pas. Aimer en écoutant, en donnant du temps, en servant… Vous voulez connaître votre santé spirituelle? II n'y a qu'un thermomètre: l'amour. C'est le thermomètre du bon Dieu!

Georges Madore


LA GUÉRISON

Pour rencontrer Dieu, des gens font encore l'effort de se mettre en route. Uniquement au Québec, chaque année, les sites de pèlerinage enregistrent environ quatre millions de visites. Certains commentateurs soutiennent que les motivations de la plupart de ces nomades n'ont rien de religieux. Mais ceux et celles qui sont sur place savent que, au contraire, une partie des pèlerins demande au Seigneur la grâce d'une guérison ou d'un soutien important.

Bien des gens voient ainsi des résultats concrets à leur démarche de foi. Le soulagement physique n'est pas automatiquement au rendez-vous. Souvent, la réponse divine va s'avérer plus forte et plus marquante qu'une simple amélioration de l'état de santé. Le pro grès spirituel, avec ses bons fruits de sérénité, de patience et de communication, transforme la vie des malades.

Oui, Dieu fait encore du nouveau dans ce monde malgré l'indifférence ambiante. Oui, Jésus transforme encore les coeurs et les vies par sa parole... et par ses témoins. Dans l'évangile, les compagnons trouvent un moyen inédit pour présenter la personne paralysée à Jésus. Alors, Jésus lui touche d'abord le coeur, avant d'intervenir sur son corps. Quel toit mérite d'être percé par nos soins pour présenter à Jésus les besoins des membres de nos familles et de nos milieux de vie qui souffrent ?

Quel mur devrait être abattu pour que les gens de notre société aient accès à cette transformation divine toujours disponible ?

Alain Faucher


LES DOUZE COLONNES DE L'ÉGLISE

Un soir, en rentrant chez moi, quelqu'un avait laissé un message sur mon répondeur. Dans une discussion, les gens cherchaient le nom des apôtres et ne parvenaient pas à les trouver. J'ai été surpris, mais agréablement.
Trois évangiles nous donnent la liste des apôtres : Matthieu, Marc et Luc. La liturgie d'aujourd'hui nous donne la liste de Matthieu. Les trois listes sont pareilles, sauf pour un nom.
II y a d'abord Simon (dont le nom sera changé en Pierre) et son frère André. Puis deux autres frères, Jean et Jacques (surnommé plus tard le Majeur). Philippe et Barthélemy, Thomas et Matthieu, Jacques fils d'Alphée (surnommé le Mineur), Thaddée, Simon le Zélote et Judas Iscariote. Sur les trois listes de douze noms, un seul diffère dans la liste de Luc : c'est celui de Thaddée, que Luc dénomme Judas (ou Jude) fils d'un certain Jacques.
Le nombre douze est certainement symbolique. II évoque les douze tribus d'Israël et indique par là qu'avec Jésus commence un Israël nouveau qui ne repose plus sur la nationalité mais sur la foi. Ce sont tous des hommes, ce qui du temps de Jésus allait de soi. Je ne pense pas qu'on puisse prendre appui sur ce fait pour interdire le sacerdoce aux femmes. Ce groupe des apôtres (apôtre = envoyé) est différent de celui d'un groupe plus large qu'on appelle parfois les disciples. En fait, les douze sont les premiers témoins de la résurrection de Jésus. Ils ont été ses proches collaborateurs et c'est sur leur témoignage que nous prenons appui pour attester de la résurrection de Jésus.
De ces douze, un a trahi. C'est Judas Iscariote. Après la résurrection de Jésus, on l'a remplacé (Ac 1,15-26). Au cours d'une réunion de 120 personnes, on a retenu deux candidats possibles et on a tiré au sort le nom de Matthias, ce qui montre bien que les premiers compagnons étaient plus que 12 et que le club des douze avait une fonction symbolique. Les douze sont les colonnes sur lesquelles l'Église s'est construite.
La tradition veut que les douze apôtres soient morts martyrs (sauf peut-être Jean qui serait mort très vieux à l'lle de Pathos). La foi en Jésus n'est pas simplement le point d'une belle doctrine, d'un beau message. C'est le résultat d'une continuité historique qui va de Jésus à nous, de témoins à témoins. Au début de la liste des témoins, il y a les apôtres. Le message-témoignage s'est relayé de génération en génération. C'est à nous encore que Jésus dit : Proclamez que le royaume des cieux est tout proche.

André Beauchamp


QUEL EST LE SECRET?

On voit une femme dont la peau est fraîche comme une pêche et on se demande: Quel est son secret? On rencontre un centenaire en forme et lucide, et on n'hésite pas à le questionner sur le secret de sa longévité. On connaît quelqu'un dont le calme et la sérénité nous étonnent, et on ne peut s'empêcher de se demander: Mais quel est donc son secret?

Les deux premières lectures de ce dimanche nous présentent en quelque sorte l'idéal de la vie chrétienne. Dans les Actes des Apôtres, on voit Philippe entreprendre une mission chez les Samaritains. Sa parole fait naître l'espérance. Devant lui, le mal prend la fuite; sous ses pas, la santé refleurit. On se croirait en présence de Jésus lui-même! Dans sa lettre, l'apôtre Pierre nous incite à souffrir pour avoir fait le bien, comme Jésus l'a fait.

Mais quel est le secret qui nous rend capable de vaincre le mal, comme Philippe, de souffrir pour avoir fait le bien, comme nous y invite Pierre? La réponse vient de l'évangile, lorsque Jésus dit: Vous êtes en moi et je suis en vous. Une expression qu'on retrouve dans la lettre de Pierre (et qui revient comme un refrain chez saint Paul) résume bien cette parole de Jésus: Dans le Christ. Voilà le secret. Que toutes mes facultés, ma mémoire, mon affectivité, mon intelligence, ma volonté, que tout mon être soit dans le Christ, pénétré du Christ, transfiguré dans le Christ! Que lui et moi soyons si profondément unis dans !a même vie que mon existence devienne le prolongement de la sienne dans le monde d'aujourd'hui. Et que sous mes pas, comme sous les siens, fleurisse la Vie!

Georges Madore


UN TEMPS DE GRANDE ESPÉRANCE

Je les entends dire: "Le monde va mal. L'Église du Québec est décadente." Je veux néanmoins plaider pour l'espérance. L'espérance est cette vertu, cette force (le mot latin virtus signifie force) qui, étant donné Dieu, étant donné ses interventions dans l'histoire humaine et ses promesses, donne d'aller de l'avant quoi qu'il arrive. Même en pleine nuit, même au plus creux de la vague. L'espérance ne relève pas d'un tempérament naturellement optimiste. Elle repose sur la confiance en Dieu qui veut le bonheur et la vie pour les siens et pour l'humanité entière. Elle s'appuie surtout sur un événement déconcertant et lumineux, la croix de jésus.

On connaît l'affaire. Sa cause était perdue. Sa vie apparaissait être un total échec. Quelques heures encore et on allait mettre son corps au tombeau. Trois jours plus tard, son Père le ressuscitait!

"Ô Croix dressée sur le monde, Ô Croix de Jésus Christ!" Ô croix, source de toute espérance.

L'espérance chrétienne est têtue, elle revient constamment à la charge. L'espérance chrétienne est patiente, elle sait veiller longtemps dans la nuit, en attendant l'aurore. L'espérance chrétienne est courageuse, elle se relève et se relève encore après l'échec. L'espérance chrétienne ne rend ni aveugle ni naïf. Elle sait que le mal existe mais peut être vaincu, que la souffrance existe mais peut devenir un chemin de vie nouvelle. Pour qui espère, les temps difficiles n'invitent ni à la morosité, ni à la fuite, ni au repli sur soi, ni à l'abandon du combat, mais à une plus grande espérance.

Jean-Yves Garneau


JE SUIS CROYANT, PAS PRATIQUANT

«Je suis croyant, pas pratiquant...» Quel prêtre ou évêque n'a pas entendu cent fois, mille fois cet aveu souvent suivi, chez !es hommes, de quelques vieux souvenirs d'enfants de choeur et d'histoires de burettes dans les sacristies. Tout aveu doit être respecté. Mais il peut être questionné.

Respecté? Parce que chacun a son chemin. Parce que nul ne peut condamner son frère. Parce que, Jésus l'a souvent remarqué, la foi la plus belle peut être celle de l'étranger païen qui ne vient jamais à l'assemblée de prière...

Questionné? En effet, lexpression «Je suis croyant, pas pratiquant» peut être humblement questionnée. Je peux vous faire un aveu personnel: 'el suis pratiquant, parce que je ne suis pas assez croyant... Cela peut vous surprendre, mais c'est ainsi. Parce que toute messe ravive ma foi. Parce que toute messe, avec ou sans homélie, me fait entendre la Parole de Dieu. Parce que toute messe, avec ou sans chants, me permet de rendre grâce à Dieu le Père pour le don plénier de son Fils, Jésus. Parce que toute messe, avec beaucoup ou peu de monde, me permet de me reconnaître pécheur devant mes frères. Parce que toute messe m'appelle à vivre de l'Esprit ma vie de tous les jours. Toute messe éveille, réveille, envoie...

Sans elle, je me demande souvent ce que je deviendrais... Aveu pour aveu!

Mgr François Garnier, archevêque de Cambrai


LE DERNIER ACTE DE FOI .

La mort d'une personne avec qui nous avons des liens de parenté ou d'amitié suscite toujours de la tristesse et du chagrin. La mort non seulement crée une rupture dans une relation interpersonnelle, mais elle fait aussi surgir beaucoup de questions à propos du sens de la vie. Celle-ci s'arrêtet-elle aux frontières de la mort, ou y a-t-il un autre versant à notre existence? Le récit de la résurrection de Lazare ne fait pas abstraction de ces réalités auxquelles tout être humain est confronté un jour ou l'autre.

Le récit que nous en donne l'évangéliste Jean est d'un réalisme profondément humain. II revient à maintes reprises sur l'amitié qui lie Jésus à Lazare et à ses deux soeurs Marthe et Marie. II ne cache pas la peine de Jésus, le désarroi de ses amies et les lamentations des voisins. La mort bouleverse et confronte la foi. La foi naît de l'inquiétude face à la vie qui est menacée par la finitude de l'être humain. Marthe et Marie sont des croyantes, mais elles sont placées dans une situation où elles sont appelées à croire malgré la mort.

La mort fait partie de l'ordre naturel des choses et rien ne sert de la camoufler. De même que Jésus a déclaré que la cécité de l'aveugle-né n'était pas un chfitiment divin, ainsi en est-il de la mort. Par sa présence auprès du défunt, Jésus nous indique que Lazare continue d'être l'ami qu'il aime. II y a là une bonne nouvelle pour nous qui sommes à la fois mortels et croyants.

Au-delà des tentatives hasardeuses de nous représenter la vie après la mort, il y a l'espérance, appuyée sur la résurrection du Christ, que nous sommes solidaires de sa propre vie. Si nous vivons pour lui aujourd'hui, nous vivrons aussi avec lui après la mort. Comme ce fut le cas pour Lazare, au moment de notre mort, nous sommes l'ami que Jésus aime. Vivre sa mort dans l'amitié du Christ apparaît alors comme le dernier acte de foi que nous puissions poser. C'est l'acte de foi qui nous fait entrer dans la plénitude de la vie.

Yves Guillemette ptre


TRANFIGURÉS NOUS AUSSI

Dimanche dernier nous suivions Jésus au désert, et voilà que déjà il nous invite à monter avec lui sur la montagne pour être transfigurés. C'est un peu comme dans la vie... Rappelons-nous notre sortie du désert de l'adolescence: nos premières amours, nos premiers engagements, nos premières promesses, nos premières responsabilités. À notre insu une transformation s'opérait douce­ment au coeur de notre existence. Le monde environnant n'était plus tout à fait pareil. II était, si l'on peut dire, changé, transfiguré.
Les trois apôtres, Pierre, Jacques et Jean connaissaient Jésus depuis un certain temps. Ils le voyaient vivre, prier, faire des miracles. Jésus avait acquis leur respect et leur affection. Pierre avait même affirmé qu'il donnerait sa vie pour lui (Jn 13,37).
À la rigueur, les disciples auraient pu aussi, changer de camp, changer de Maître. D'au­tres parlaient tout aussi bien et rassemblaient des adeptes. Mais après l'expérience du Tha­bor, ils ne le pourront plus. Car maintenant ils savent: ils ont vu, ils ont entendu, ils ont ressenti même. Car comment expliquer autrement l'aveu spontané de Pierre: Seigneur, il est heureux que nous soyons ici! (Mt 17,4)
Même si le Père a pris la parole pour bien identifier son Fils bien-aimé, les apôtres, et Pierre en particulier, ont compris qui est ce Jésus derrière qui ils marchent. La nuée lumi­neuse (v. 5) loin de les aveugler leur a dessillé les yeux et brûlé le coeur. C'est ce qui per­met à Pierre de vouloir faire durer cette proximité avec le divin: Si tu le veux, je vais dresser trois tentes (v. 4). Hélas, quand on touche Dieu de si près, on se rend compte bien vite que le ciel est ailleurs et que cet ailleurs doit d'abord se vivre dans la plaine, loin des sommets.
Comme les trois privilégiés de la montagne, les croyants qui ont vraiment rencontré le Seigneur vivent avec ce souvenir lumineux. Cela devient leur secret et le noyau dur de leur foi. Ils portent au fond d'eux-mêmes un bonheur inexprimable avec des mots. Un bonheur rayonnant. Exactement comme pour les amoureux qui ne peuvent décrire ce qui les a illu­minés, les a rendus heureux et qui les fait vivre. Ils sont à jamais porteurs du divin!

Ghislaine Salvail s j.s.h.


BONHEUR FOU

Un petit 6-49 avec ça? La ritournelle n'est que trop connue. Les marchands de rêve le savent. La recherche de bonheur est tellement inscrite au plus profond de nos coeurs qu'on parvient à la taxer sans problème et le jeu en vaut la chandelle. L'État l'a bien compris.
À l'opposé, l'Évangile arrive, lui aussi, avec ses promesses de bonheur qui n'ont pourtant rien à voir avec un gratteux. Ce sont les Béatitudes. "
Elles introduisent l'enseignement que Jésus donne sur une montagne près de Capharnaüm où il habite. C'est étrange. Cette référence à la montagne et aux disciples qui y montent pour entendre le maître me rappelle une autre figure, celle de Moïse. Lui aussi monte sur une montagne pour y entendre parler son Seigneur et il en revient avec les Tables de la Loi. Les disciples de Jésus reçoivent de sa part une charte bien différente. Jésus gravit la montagne, il se mit à les instruire : Heureux les pauvres de coeur...
Voilà bien l'envers du bonheur! Un bonheur fou pour reprendre un mot de saint Paul. Un bonheur trompeur aussi. Comme une drogue, il repose sur des promesses: ils obtiendront la terre, ils seront consolés... Mais si toutes ces promesses voulaient nous parler d'espérance au coeur même de nos détresses...
Les Béatitudes énumérées, le long Sermon sur la montagne se poursuit sur deux chapitres. Il se termine en évoquant la maison bâtie sur le roc. Cette image donne à comprendre qu'en résistant aux persécutions et aux faussetés dites contre lui à cause de Jésus, le disciple a la solidité du rocher. Heureux est-il alors! Oui, mais avouez que son bonheur a quelque chose d'un peu fou. Et pourtant...

Jacques Houle, c.s.v.


DU PRIX À SES YEUX

Les guerres se succèdent et la télévision nous ramène des images d'enfants victimes de sous-alimentation ou de malnutrition. On peut aussi mourir par manque d'amour, prétendent certains psychologues. Se sentir aimé : un besoin essentiel à la croissance de la personne.

En Jean, la scène du baptême de Jésus me révèle une belle histoire d'amour, celle de Dieu le Père et de son Fils bien-aimé. Le quatrième évangéliste rapporte le témoignage de Jean Baptiste : J'ai vu l'Esprit descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui [Jésus] (Jn 1,32). Pour certains exégètes, cette colombe suggère l'amour de Dieu le Père qui descend sur la terre. .

Tout au long de sa vie terrestre, Jésus donne un visage humain à cet amour de Dieu. Par des mots de réconfort et surtout par des gestes de bonté, il témoigne de l'immense amour du Créateur envers sa créature. Jésus, !'Agneau de Dieu, a aimé jusqu'au don total de sa vie. Et cette manifestation se répercute... jusqu'à moi.

Depuis le jour de mon baptême, je fais partie de la grande famille des enfants du Père. Mon nom est celui d'un fils de Dieu. J'occupe une place de choix dans le cœur de mon Dieu, père et... mère. Je puis vraiment prendre à mon compte les paroles du prophète Isaïe : J'ai du prix aux yeux du Seigneur... (Is 49,5).

Cet amour doit rayonner. Le fait d'être aimé m'incite à aimer à mon tour le Seigneur ainsi que mes frères et soeurs, spécialement les plus faibles et les plus pauvres.

Je me réjouis et j'ai le coeur à l'action de grâce, car depuis le jour de mon baptême, Dieu, plein de tendresse et d'affection, me prend par la main et me remplit de sa force et de sa lumière.

Gilles Leblanc


LE DIEU QUI VIENT AI MONDE

Au milieu de la nuit et loin de sa maison, une maman met au monde un enfant. Comme berceau, une mangeoire dans une étable. Il n'y a pas de place pour eux dans l'auberge. C'est aussi simple que ça! Et pourtant, il s'agit de l'événement le plus inouï de l'histoire humaine: Dieu qui devient l'un de nous.

Même si nous sommes toujours pressés et souvent distraits, nous cherchons Dieu. À qui peut-il ressembler? Le voici dans ce nouveau-né que nous aimerions serrer dans nos bras et dont nous voudrions prendre soin. Comme tous les bébés, il pleure quand il a faim; mais il est la Parole de Dieu, cette Parole qui a créé l'univers. Entouré de l'affection de Marie et de Joseph, il dort; et pourtant, par son silence, il nous enseigne déjà les béatitudes de la pauvreté, de la simplicité et de l'amour. À peine visible dans la pénombre de l'étable, il est la vraie lumière de l'humanité. Il vient de naître, et il est engendré de Dieu depuis toujours. Dans ce nouveau-né si fragile, se concentre toute la force de l'amour qui transforme chacun de nos coeurs.

Dans l'enfant de Bethléem, Dieu vient établir sa demeure chez nous. Une demeure, c'est là où l'on est à l'aise et où il fait bon vivre. Or, depuis le premier Noël, Dieu demeure dans notre monde. Il est chez lui en chacun de nos coeurs et il est à l'aise avec les pauvres, les gens que nous marginalisons, même ceux et celles qui l'ignorent tout en le cherchant de façon maladroite. Pouvons-nous imaginer Dieu plus proche de nous?

Normand Provencher


MIROIR OU FENÊTRE?

Avez-vous déjà rencontré des gens remplis d'eux-mêmes? Quel que soit le sujet de conversation, ils réussissent toujours à ramener l'attention sur eux. Moi, aussi vous savez... Ça m'fait penser la fois que moi... En leur présence, on se sent comme un piédestal offert à leur gloire!

Dans l'évangile d'aujourd'hui, le personnage du pharisien ressemble à cela. La prière est pour lui l'occasion d'étaler ses mérites, comme s'il disait à Dieu: Eh! que tu es chanceux de m'avoir. Le portrait frise la caricature et notre réaction normale est de nous dire: Sûrement que je ne ressemble pas à cela!

Mais allons plus loin. En nous dessinant ces deux images de la prière (celle du pharisien et celle du publicain) Jésus veut débusquer une tentation propre à toute prière: celle de n'être qu'une rencontre avec soi-même plutôt qu'avec Dieu. Si dans ma prière, je ne parle que de moi, que ce soit de mes épreuves ou de mes joies, de mes échecs ou de mes réussites, je n'y rencontrerai que moi-même! !I faut que ma prière, d'une manière ou d'une autre, m'ouvre à autre que moi-même. Sinon, elle n'est pas une prière, elle est un monologue! Elle n'est plus qu'un miroir où je ne vois que moi au lieu d'être une fenêtre où se révèle le Tout-Autre, celui devant qui je serai toujours le pauvre.

Conclusion: le premier don à demander dans la prière, c'est peut-être justement le don de la prière!

Georges Madore


NE BAISSER PAS LES BRAS

Les statistiques récentes sur la foi des gens de chez nous sont étonnantes. Si elles fréquentent de moins en moins leurs églises paroissiales, 80 % des personnes interviewées continuent à prier! Nous sommes, nous aussi, des priants. Nous prions ensemble à l'église le dimanche. Nous prions seuls chez nous. Mais avons-nous l'impression d'être écoutés de Dieu? Combien de fois ai-je entendu des gens me dire: «Vous prierez pour moi, mon Père. Le bon Dieu vous écoute, vous»? Traduction: «Il ne m'écoute pas, moi!»

Les textes de ce dimanche nous invitent à renouveler notre confiance en Dieu et à reprendre avec persévérance le chemin de la prière. Pendant sa marche au désert, le peuple d'Israël avait perdu espoir. En face des épreuves, il s'était écrié: «Le Seigneur est-il vraiment au milieu de nous, ou bien n'y est-il pas?» (Exode 17, 7). En réponse à ce cri désespéré, Dieu a assuré la victoire à son peuple grâce à la prière de Moïse. Jésus, de son côté, raconte une parabole: «un juge qui ne respectait pas Dieu et se moquait des hommes» finit, lassé, par rendre justice à la veuve qui le lui demandait. Combien plus, conclut jésus, Dieu fera-t-il justice à ses élus!

Prenons donc le risque de prier comme jésus nous l'a enseigné. Dieu changera nos cœurs. Ainsi, par toute notre vie, nous deviendrons Bonne Nouvelle.

Yvan Mathieu


NE FAIRE QUE SON DEVOIR?

C'était en 1970 ou 1971. Suite à un congrès international à Assise, des gens m'avaient invité à passer quelques jours à Lisbonne. Un midi j'oublie ma caméra dans un restaurant. Une heure plus tard, ayant réalisé mon étourderie, nous sommes retournés en hâte vers le restaurant. C'était une belle caméra pour l'époque, une Zeiss Icon, 35mm et j'y tenais beaucoup. Un client l'avait-il trouvée et piquée? Le serveur !'avait-il fait disparaître? Je m'explique auprès du gérant et l'instant suivant on me remet ma caméra. Tout heureux, je veux donner un pourboire au serveur. On refuse. J'insiste. On refuse encore. J'explique à mes amis qui servent d'interprètes qu'il est tout à fait de mise de verser un pourboire à un serveur si honnête. Mais le gérant répond : il n'a fait que son devoir.

Cette leçon m'a beaucoup servi dans la vie. Le devoir se suffit à lui-même. On laisse parfois entendre qu'il est comme exceptionnel de bien faire ce qu'on a à faire, comme si la médiocrité devait être la norme.

Dans le contexte de l'Évangile d'aujourd'hui, la leçon sur les serviteurs quelconques (on disait autrefois inutiles) n'est pas une leçon de choses sur le service domestique (manifestement très lourd à l'époque de Jésus) mais un enseignement sur !e rapport entre la foi et !es oeuvres. Les oeuvres ne sauvent pas. C'est la foi qui sauve. Mais qui entre dans la foi se met au service de son Seigneur. II doit apprendre à obéir, non pas d'une obéissance servile et extérieure, mais par une obéissance inscrite dans l'amour et la réciprocité. L'amour appelle l'amour. Aimer en retour, inconditionnellement, ce n'est que faire son devoir.

André Beauchamp


CE RICHE, SERAIT-CE NOUS?

Il y avait autrefois un homme bien riche qui faisait bombance avec ses amis. Devant sa porte, se trouvait un pauvre qui aurait voulu manger les restes. Mais...

Nous connaissons cette histoire depuis toujours. C'est la parabole du riche et de Lazare. On peut la raconter de mille manières en changeant les noms des individus, des pays et des villes. Je l'ai vue à Rio comme à Montréal, dans les «gated cities» de Floride et dans les banlieues de Casablanca. Les
riches regardent les plus riches qu'eux et se lamentent. Ils ne voient pas les pauvres ou les moins riches qu'eux car cela ne les intéresse pas. Au mieux, ils les ignorent. Au pire, ils en ont peur.

Dans une intervention célèbre, le pape Jean-Paul II a proposé une interprétation sociale de cette parabole. Les riches, ce sont les nations développées du Nord qui gaspillent de façon éhontée. Les pauvres, ce sont les pays du tiers-monde qui voudraient les miettes et qui ne reçoivent que de nouvelles directives concernant les ajustements structurels.

Qu'on la comprenne comme une image de la vie quotidienne ou comme une figure des rapports internationaux, la parabole que nous raconte jésus continue de faite mal et de poser question. Elle peut simplement servir de prétexte pour accuser les autres, chacun pouvant crier à son voisin: «C'est toi le riche, c'est moi Lazare.» Mais, au-delà des caricatures, chacun d'entre nous et nous tous ensemble, il nous faut nous poser cette terrible question: «Et si ce riche, c'était nous?»

André Beauchamp


L'ATTACHEMENT DE DIEU

«Moi, je ne m'attache à rien ni à personne; comme ça, je suis sûre de ne pas souffrir.» Cette remarque d'une détenue à la prison de Kingston m'avait bien déconcerté. Car, d'une part, il est vrai qu'en s'attachant à quelque chose et encore plus à quelqu'un on risque de perdre ce que l'on aime et de souffrir. D'autre part, ne s'attacher à rien ni à personne, c'est se condamner à la solitude. Sans ces présen-ces auxquelles je tiens, ma vie est... morte!

L'attachement de Dieu aux créatures que nous sommes a, de prime abord, quelque chose de pathétique. Il n'a nul besoin de nous et, pourtant, il tient à nous. Jésus s'évertue à nous faire saisir cela en déployant des images pleines d'émotion: un berger affronte le désert, endure la fatigue et la soif pour retrouver une brebis étourdie qui s'est égarée et qui est condamnée à une mort certaine; une femme vire la maison sens dessus dessous pour retrouver une pièce d'argent; un; père qui attend son fils depuis si longtemps ne contient plus sa joie en le retrouvant. Voilà ce que ressent Dieu en retrouvant le plus perdu d'entre nous.

Comment comprendre un tel attachement? Cela nous dépasse. À moins de nous risquer nous-mêmes à aimer, à nous attacher, à souffrir... Et alors, nous pourrons au moins un peu entrer dans la peine de Dieu mais aussi dans l'immensité de sa joie.

Qu'est devenue la prisonnière de Kingston? Je ne sais pas. Je prie qu'elle ait pu sortir de sa prison, celle de la peur, la peur d'aimer.

Georges Madore


EMPRUNTER LES MOEURS DE DIEU

L'évangile nous met devant un conseil qu'il nous serait facile de retrouver dans un bon manuel de politesse élémentaire : celui de ne pas occuper spontanément la première place. II s'agit 1à d'un certain respect pour les autres invités et aussi, avouons-le, d'une prudence calculée. Mais le récit évangélique a une autre visée et poursuit par le fait même un tout autre enseignement. II veut nous apprendre que les convenances de Dieu, ou si vous aimez mieux, les mœurs de Dieu, sont différentes de celles du monde. Mais n'anticipons pas.

Un refrain parcourt tous les évangiles en changeant de mots et de forme mais toujours en conservant l'essentiel du message. Ce refrain, on ie retrouve en cette page aujourd'hui : Celui qui s'élève sera abaissé, et celui qui s'abaisse sera élevé (Lc 14,11), On le retrouvait déjà chez le prophète Ézéchie! : Ce qui est bas sera élevé, ce qui est élevé sera abaissé (Ez 21,3i). -jésus meara ce, avertissement divin au coeur mërrie de sa mission lui qui s'est abaissé jusqu'à la mon, de la croix (Hé 2,7}. Cependant ia puissance rie Dieu le relèvera pour faire de fui le Premier-né d'entre !es morts (Ap 1,5).

Pour des croyants, pour des discipfes de ce Messie si humble, que signifie prendre la dernière place? C'est, je pense, adopter justement les moeurs de Dieu et cela se fait en accueillant ceux que la société rejette, en ouvrant les bras aux enfants délaissés, en rendant visite aux vieillards isolés. Ils sont ces petits que l'on essaie de rapetisser jusqu'à.lPS faire disparaître aux yeux du monde. Un ancien chef d'entreprise me confiait avec une voix presque inaudible : On ne me voit plus et dire qu'on me voyait parfout. La vie l'a abaissé et c'est maintenant l'attention fraternelle, la main tendue, le regard bienveillant de l'étranger qui le fera se relever sinon de sa chaise de malade, du moins dans sa tête et dans son coeur. Redonner de la dignité c'est, encore une fois, emprunter les mceurs de Dieu.

Prendre la dernière place c'est aussi choisir ce que Dieu lui-même a choisi. Charles de Foucault disait qu'il aurait bien voulu prendre la dernière place mais que Jésus l'avait déjà choisie. Les saints ont une manière bien à eux de nous conduire au seuil du mystère.

Si nous sommes destinés à suivre Jésus partout'où il est passé; si nous sommes appelés à poser les gestes qu'il a posés; si nous devons aimer ceux et celles qu'il a chéris alors nous chanterons le même refrain, celui que sa vie a fredonné jusqu'à son dernier souffle.

Ghislaine Salvadl s j.s.h.


PASSEPORT POUR LE SALUT

A l'époque de Jésus, plusieurs se questionnaient sur le nombre d'élus. Certains théologiens disaient qu'il suffisait d'appartenir au peuple juif pour être sauvé. D'autres, comme l'auteur du Quatrième Livre d'Esdras, seront plus restrictifs: d'après eux, seul un petit nombre sera sauvé.

La question était donc dans l'air du temps. II était inévitable qu'elle rebondisse un bon jour devant Jésus. Quelqu'un lui demande: Seigneur, n'y aura-t-il que peu de gens à être sauvés? Mais le Maître refuse de répondre. Se demander combien seront sauvés est une mauvaise question. Et mauvaise question est mère de mauvaise réponse. II faut plutôt se demander comment être sauvé. La seule vraie question est donc: Que dois-je faire pour être sauvé? Cette interrogation est plus dérangeante, car elle me renvoie à ma propre responsabilité: mon salut est entre mes mains! On ne peut obtenir un passeport pour le salut en pratiquant tel rite, ou en étant membre de telle organisation, ou en ayant tel ADN dans mon bagage génétique!

Non, il y a une seule manière d'obtenir le salut: c'est de devenir sauvé. C'est-à-dire devenir image du Sauveur! Se laisser transformer par l'Esprit pour devenir un autre Christ, fils de Dieu, humanité transfigurée à travers laquelle la bonté et la compassion du Père transparaissent et agissent dans notre monde. II n'y a pas trente-six manières d'être sauvé; il n'y-en n'a qu'une: emboîter le pas derrière le Christ qui est le Salut en personne. Le suivre dans ses choix, sa manière d'entrer en relation avec Dieu et avec les autres.

D'une certaine manière, je deviens sauvé en étant sauvant à la manière de Dieu, en faisant pleuvoir mon amour et mon accueil sur les justes et les injustes.

II n'y a qu'un passeport pour le salut: un coeur transformé à l'image du Fils.

Georges Madore


MARIE, TU ME FAIS RÊVER...

Vierge Marie, ta vie nous apprend que le bonheur est dans le service et le don de soi.
Vierge Marie, ta vie nous apprend que la confiance en Dieu et l'abandon à son amour, sont les clés de l'espérance et de la sérénité.
Vierge Marie, ta vie nous rappelle que les biens matériels et l'apparence ne comblent pas le coeur humain.
Vierge Marie, ta vie nous apprend à découvrir le chemin de l'éternité: ton Assomption nous fait rêver du ciel, de l'amour en plénitude dans le coeur de Dieu.
Vierge Marie soutiens-nous, guide-nous dans notre quête de bonheur et de vérité.
Amen.


Aumilieu des loups

Devant une tâche à accomplir, il arrive parfois que nous soyons pris de panique. C'est le cas du chef d'entreprise qui a peine à respecter un contrat; c'est le cas de celui ou celle qui ne parvient pas à se trouver un emploi. Le jeune qui pense à son avenir et les parents qui se soucient de l'éducation de leurs enfants vivent fréquemment des moments d'angoisse.

II en est ainsi dans la mission que le Christ a confiée à son Église. La moisson est abondante, nous rappelle l'Évangile. Jésus demande à soixante-douze disciples de s'associer à l'ceuvre qu'il a lui-même entreprise : faire connaître la venue du Règne de Dieu pour tous les hommes et toutes les femmes.

Le travail est immense et les obstacles sont nombreux. Les ouvriers du Royaume ont sans cesse à se dépouiller de ce qui diminue leur disponibilité. II leur faut croire en la mission et accepter d'y mettre le temps. Ils ont à interpeller constamment et à éviter les propos futiles.

Aujourd'hui encore, l'Église de Jésus Christ a besoin de personnes disposées à oeuvrer dans le champ du Père. Notons que des signes encourageants apparaissent. Une coresponsabilité plus grande se manifeste entre laïcs et prêtres. Des projets d'éducation de la foi naissent à plusieurs endroits. Les conseils de pastorale sont nombreux dans nos communautés chrétiennes. Mais il y a encore beaucoup à faire.

Le Seigneur compte sur chacun et chacune de nous pour travailler à sa moisson, et cela même au milieu des loups. Sommes-nous des ouvriers dévoués à la tâche?

Gilles Leblanc


Témoins de notre époque

J'ai déjà eu le bonheur de participer à une retraite animée par Jean Vanier. C'est un personnage fascinant et l'histoire de sa vie ne l'est pas moins. II fut d'abord officier dans la marine canadienne. À cette époque, il s'imaginait que la conquête du monde se faisait par la force, militaire ou autre. Certains, soit dit en passant, le pensent encore. Mais il déchanta vite réalisant que là n'était pas la manière d'aider le monde. II se lança ensuite dans la recherche intellectuelle, particulièrement dans la philosophie. Réfléchir sur le monde, sur les gens, sur ce qui les fait vivre et mourir. Enseigner une manière de penser et un art de vivre, voilà ce qui peut donner un sens à sa vie et aider beaucoup de gens à rendre le monde plus heureux. II s'y adonna avec passion et avec succès. Mais cette activité, haute en mérites, le laissa quand même sur son appétit.C'est alors que le hasard - ou plutôt la Providence - mit sur sa route deux personnes handicapées mentales. Il se mit à s'y intéresser, à les aider et à les aimer. II s'aperçut rapidement que, s'il leur apportait des choses, elles aussi lui en apportaient. II entra alors dans un autre monde : après avoir connu le monde militaire et le monde de la pensée, il découvrit le monde de l'amour. II découvrit en même temps le monde de la vulnérabilité, de la faiblesse, de la pauvreté humaine et, en bout de ligne, une manière profonde de vivre sa foi et de s'accorder au coeur même de l'Évangile.

II comprit, par l'intérieur et avec son coeur, tout ce que la personne pauvre pouvait apporter au monde. II comprit le sens profond de la Béatitude: Heureux les pauvres de coeur... II découvrit, à sa façon, la parole de Vincent de Paul à ses dames patronnesses: Les pauvres sont nos maîtres. II s'émerveilla, comme Jean Eudes, de voir dans la personne handicapée rien de moins que le sacrement du pauvre c'est-à-dire un signe réel de Dieu pour notre monde. !I comprit la belle parole de Marguerite d'Youville à ses sorurs: Les pauvres sont nos seigneurs. Il saisit que c'est à travers nos blessures, connues ou non, que le Seigneur se fraie un chemin jusqu'à notre cceur. II sut, de science certaine, que c'est l'amour du pauvre, du petit, du déshérité, qui est la clé de la paix en ce monde et que c'est lui qui est en quelque sorte l'écho de Dieu au milieu de nous. C'est ainsi que naquit le premier Foyer de !'Arche. Et, petit à petit, d'autres Foyers prirent racine un peu partout dans le monde.

Incontestablement, Jean Vanier est un prophète de notre temps. C'est une sorte de Mère Teresa au masculin. Son amour des personnes blessées par la vie est un pur reflet de l'Évangile et une question majeure pour notre temps.

Jules Beaulac, prêtre


Donnez-leur vous-mêmes à manger

La foule est là, nombreuse et en plein désert. Les Apôtres, des hommes qui ont les pieds sur terre, constatent que les gens ont faim et qu'il est impossible de les nourrir. De plus, il se fait tard. Or une seule solution leur semble raisonnable, celle de renvoyer la foule vers les villages des alentours où elle pourra trouver de quoi manger.

Pour jésus, il y a une autre solution. Contre toute logique, il tient à nourrir la foule qui comprend pas moins de cinq mille personnes. Il n'hésite pas â accorder sa confiance à ses disciplesdésemparés, en demandant leur collaboration. Il leur dit de faire asseoir la foule par groupes de cinquante, des groupes à taille , humaine, et de leur donner à manger. Les disciples se mettent! donc à distribuer les pains et les poissons que jésus leur donne. Leur foi en jésus n'est-elle pas un véritable miracle, aussi grand que celui de la multiplication des pains?

Devant les défis actuels de la pastorale, nous avons souvent l'impression que nous sommes devenus incapables de répondre aux attentes de nos contemporains et de combler leurs faims. Démunis et mêmes découragés par les difficultés rencontrées dans nos projets pastoraux, nous sommes tentés de démissionner et de laisser les gens à eux-mêmes. Nous oublions alors que le Seigneur jésus est toujours avec nous et qu'il nous confie la responsabilité de donner nous-mêmes à manger. Le Seigneur ne peut-il pas décupler et multiplier nos pauvres talents et nos modestes initiatives? Avec nos cinq pains et nos deux poissons, il tient encore à nourrir la foule nombreuse des affamés d'aujourd'hui. Il nous confie la tâche de les servir généreusement. Avec Jésus, le pain est tellement abondant qu'il en reste.

Normand Provencher


Les trois beaux noms de Dieu

Si vous demandez à Dieu quel est son nom, il vous dira d'abord qu'il est Père. Il veut dire par là qu'il est à l'origine de la vie, qu'il est source de lumière et d'amour. En affirmant qu'il est Père, Dieu ne veut pas laisser entendre qu'il n'est que cela. En lui réside toute la tendresse et tout l'amour d'une mère. En fait, Dieu n'a pas de genre. Il est audelà de tout genre. N'empêche qu'en s'adressant à lui, jésus l'a appelé «Père». Ce que nous faisons à sa suite.

Après avoir dit qu'il est Père, Dieu vous dira qu'il est Fils. Il tient à ce nom de Fils autant qu'à celui-ci de Père. Dire qu'en Dieu il y a le Fils, c'est dire que Dieu n'est pas solitude, mais communion. L'existence du Fils en Dieu nous assure qu'en Dieu il y a de l'amour. Elle témoigne que le mystère de Dieu est un mystère d'amour: Saint jean a eu raison de l'affirmer: «Dieu est amour.»

Après avoir dit qu'il est Père et qu'il est fils, Dieu vous dira qu'il est Esprit. C'est dire qu'il est souffle, qu'il est vent. Au sein de Dieu, l'Esprit assure la circulation de l'amour entre le Père et le Fils. Déposé en nous, l'Esprit nous dit qui est le Père et qui est le Fils. Il nous met en communion avec eux. Il nous fait reposer en Dieu et nous conduit vers la «vérité tout entière».

Jean-Yves Garneau


Une présence au-delà des yeux

Avez-vous déjà ressenti le désir de pouvoir vous brancher directement sur le Christ sans intermédiaire? Le désir de pouvoir le toucher, le voir, l'entendre de manière sensible et immédiate. Le sens commun nous porte à accepter que le Christ échappe à nos perceptions sensorielles, mais notre envie de sa présence nous donne de la difficulté à admettre qu'il demeure invisible. Les premiers disciples ont fait une expérience semblable. La première lecture et l'évangile d'aujourd'hui font le récit de l'ascension de jésus, c'est-à-dire du moment où jésus a quitté ses disciples et s'est dérobé à leurs yeux. Les disciples ont connu sa présence physique. Ils en sont désormais privés, comme nous. Mais ce départ leur permet de faire l'expérience d'une autre forme de présence.

Il semble nécessaire de consentir à l'impossibilité du contact direct avec le Christ pour découvrir cette forme de présence moins tangible mais tout aussi réelle. Ce consentement nous travaille de l'intérieur pour créer en nous plus de disponibilité et de réceptivité. C'est le don de l'Esprit qui prolonge pour nous la présence de jésus. Or, l'Esprit nourrit notre faim de présence mais nous ouvre aussi l'appétit. De cette façon, le désir de Dieu continue de nous dilater l'âme, de transformer notre coeur de pierre en un coeur de chair. Nous ne pouvons pas nous emparer du Christ et mettre la main sur lui, mais nous pouvons nous laisser saisir et toucher par lui. À cet égard, le récit de l'ascension nous appelle à demeurer éveillés, vigilants.

Sophie Tremblay


Fidélité et paix

S'il est deux mots que notre siècle déteste, ce sont les mots fidélité et paix. Le mot fidélité semble trop lourd et trop contraignant. On fait allusion alors à fidélité conjugale et le mot déplaît à cause de l'extraordinaire fragilité des couples actuels. On préfère donc parler de fidélité à soi-même, de sincérité, d'authenticité, même si cela doit se conjuguer avec une extraordinaire variabilité des amours et des engagements. De même, le mot paix n'a pas beaucoup d'adeptes aujourd'hui. On lui préfère le mot guerre (plus payant, plus catégorique, surtout quand l'ennemi est diabolisé), les mots lutte, revendication, affrontement.

Jésus préfère les mots fidélité et paix. Si quelqu'un m'aime, il restera fidèle à ma parole. J'aime les gens dont la parole est lourde de tout leur être. Je déteste ces contrats d'assurance dont il faut lire toutes les petites lignes (on n'a jamais le temps) et dont le style est imbuvable. J'aime la personne qui ne sait ni lire ni écrire, qui vous donne la main en vous regardant dans les yeux et qui s'engage tout entière en vous donnant sa parole. Une parole donnée, ça ne se retire pas. Seule la personne qui l'a reçue peut en libérer. Ce n'est pas affaire de juge ou d'avocat. Jésus dit : il restera fidèle à ma parole. En Jésus, c'est Dieu qui donne sa parole. Dieu ne retire pas sa parole.

Quant à la paix, Jésus la donne aussi, comme sa parole; il ne s'agit pas d'un traité de paix, avec douze clauses pour recommencer la guerre. Ce n'est pas une paix négociée. C'est une paix donnée, comme un baiser de paix, comme un acte de confiance. Nous avons reçu la guerre en héritage, depuis les confins de l'humanité. L'être humain est une machine à faire la guerre. Jésus offre la paix, comme un don, comme une grâce. A chacun de choisir.

André Beauchamp


Comme Dieu nous aime

L'amour a tous les noms et toutes les formes, depuis l'amour sentimental jusqu'à l'amitié en passant par l'amour des proches et l'amour universel. Un même mot pour tant de réalités si différentes! Bien malin qui pourrait prétendre connaître et enseigner la vraie manière d'aimer, infaillible et définitive.

L'amour est une expérience, une rencontre d'autrui au sein de laquelle nous nous sentons accueillis d'une manière inconditionnelle. Nous avons l'impression d'être compris, respectés, désirés. Plus encore, nous faisons aussi l'expérience de la réciprocité. L'autre aussi nous plaît. Nous estimons cette personne et voulons la découvrir dans sa vérité profonde, bien au-delà des apparences. Sentiment si rare d'une communion.

Ce qui est premier dans l'amour, c'est la -gratuité. Il faut d'abord se laisser aimer, accepter que l'autre ait posé sur nous un regard bienveillant et prévenant. Et parce que l'amour est reçu à la manière d'un don, il tend ensuite à s'exprimer sous la forme de la gratitude et de la réciprocité. Il faut rendre grâce pour grâce.

C'est cette leçon primordiale que Jésus donne à ses disciples à la veille de sa mort. «Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres.» Nous avons toujours peine à croire que Dieu puisse nous aimer le premier, qu'il prenne l'initiative de nous tendre la main, lui, l'inaccessible, le tout-puissant. Or en Jésus, Dieu nous a aimés le premier. Accueillir cet amour, c'est amorcer une démarche qui n'aura pas de fin. Car rendre grâce pour grâce, amour pour amour, nous forcera à défier sans cesse les limites trop étroites dans lesquelles le coeur aimerait s'enfermer.

André Beauchamp



Notre-Dame de grande foi!

Même si notre époque a vu des choses extraordinaires au plan de la technologie au point de prétendre tout connaître, une dimension lui échappe quand elle tourne le dos à la foi qui est une autre façon de considérer la réalité. Cette attitude conduit souvent à dire avec une certaine suffisance: autrefois, on croyait, aujourd'hui on sait... II faudra bien, un jour, reconnaître en toute humilité que les voies de Dieu ne sont pas nos voies, que les pensées de Dieu sont insondables. En face de situations impossibles à nos yeux: l'impossible bonheur, l'impossible amour, l'impossible paix dans le monde, Marie de Nazareth nous propose de nous tourner vers le Christ et de dire avec Lui: tout est possible à celui qui croit.

La foi qui cherche à comprendre Un des premiers théologiens de l'Église, saint Justin, a écrit, à propos de la foi, qu'elle «cherche à comprendre». En d'autres mots, même pour un croyant, il y a place pour l'intelligence dans l'acte de foi. Croire ne signifie jamais gober n'importe quoi. C'est d'ailleurs un signe d'intelligence que d'essayer de comprendre ce que le Seigneur nous demande! L'intelligence reste en état d'éveil, de recherche, de questionnement et de discernement est toujours de mise avant d'adhérer à une proposition de foi afin de ne jamais être victime d'illusions. Après un questionnement normal, se présentera un seuil infranchissable où la raison s'avouera épassée. Si l'on compare l'attitude de Marie avec celle de Zacharie â qui on annonce une naissance à Élisabeth son épouse, nous nous rendons compte que celui-ci sombre dans l'incrédulité: À quai le saurai-je car je suis un vieillard et ma femme est avancée en âge? Quant à la Vierge Marie, sans demander de signe, elle se révèle une femme à la foi intelligente quand elle demande: Comment cela se fera-t-il? Ce qui ne signifie nullement un refus de croire mais un comment... La réponse de l'Envoyé divin ne sera pourtant pas une explication très claire: L'Esprit Saint viendra sur toi et (a puissance du Très-Haut te couvrira de son ombre. Mais ne cherche pas à mettre Dieu au pied du mur, à percer ses secrets ou à demander des précisions sur ses façons d'agir.

(par Paul Arseneault, o.m.i. de Notre-Dame du Cap)


Trois pas qui changent tout...

Au bout de leur temps, au bout de leurs efforts, «leurs filets étaient vides.» Ainsi commence le récit d'évangile proclamé ce dimanche. Ainsi l'auteur du quatrième évangile évoque-t-il la condition humaine: beaucoup de travail, d'énervement, pour finalement se retrouver dans la nuit, les filets vides. Quand les médias annoncent la mort d'une célébrité dans quelque domaine que ce soit, je ne peux m'empêcher de voir cette image: tant de bruits et de paroles, pour finalement aboutir à une notice nécrologique de cinq lignes! Des filets vides...

Mais le récit se poursuit. Une voix se fait entendre, celle du Christ, le Seigneur de la vie, le vainqueur de toute mort. Heureuse la personne qui lui fait confiance, qui ose l'écouter. Elle passera de la nuit au clair matin, de la mer mouvante à la fermeté du rivage, de la faim au repas préparé par l'Ami, du vide à la plénitude.

Chacun de nous a des «Pâques» à vivre, des passages à oser. Le premier pas, c'est celui de l'illusion à la vérité: reconnaître sa pauvreté radicale, le vide de ses filets. Le deuxième pas, c'est celui de la foi: oser faire confiance à celui qui dit: «Reprends ton geste, jette le filet pour la millième fois: c'est moi qui l'emplirai.» Le troisième pas, c'est celui de l'amour: «M'aimes-tu?» nous demande le Christ. «Si tu m'aimes, ton quotidien deviendra une mission, et tous les autres te deviendront aussi chers qu'à moi.»

Aujourd'hui, nous sommes invités non seulement à célébrer la fête de Pâques, mais aussi à la vivre.

Georges Madore


Les chemins de la foi

je n'avais que quelques semaines lorsque j'ai été baptisé. Je n'avais que quelques semaines lorsque j'ai été baptisé. L'Église m'a accueilli alors que je ne pouvais pâs encore dire: «Je crois en Dieu.» Elle l'a fait en confiant à mes parents, à mon parrain et à ma marraine la responsabilité de me faire connaître Dieu et jésus Christ. Tout cela afin que je croie un jour. Autrement, mon baptême perdrait beaucoup de son sens.

Qu'est-ce qui a fait de moi un croyant? Nul doute que, tout petit, mes parents m'ont inspiré la foi par leur exemple et par leur propre confiance en Dieu. Plus tard, à l'école, mes professeurs m'ont parlé de jésus. À l'église de ma paroisse, j'ai vu et entendu des gens prier, fraterniser, demander, s'entraider. J'ai essayé de faire comme eux. Adolescent, je me suis demandé si toute cette histoire pouvait être vraie. Dans le groupe de jeunes dont j'étais membre, nous avons pris conscience de notre foi, partagé nos questions et nos réponses, compris que la foi ne se vit jamais seul. A travers mes divers engagements chrétiens, j'ai vécu la joie d'une fraternité simple et vraie. Jeune adulte, ma foi a pris un autre sens: j'ai trouvé dans la Bible une sagesse de vie sans pareille. La trentaine a vu ma foi soutenir l'engagement de ma vie. Parvenu à la quarantaine, je suis rejoint par le Christ dans une intériorité retrouvée. Aujourd'hui, je rends grâce à Dieu de s'être présenté à moi par toutes sortes de chemins. Que ce soit par le témoignage de chrétiens engagés, par celui de ma famille ou de mes amis, par la Bible ou par l'expérience spirituelle personnelle, le Christ s'est toujours re-présenté à moi, et je crois qu'il en sera toujours ainsi.

André Tiphane

 

 


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